Publié par : Tartine | juin 2, 2008

« Je suis une truie »

« J’ai toujours su que j’étais différent » raconte M’bassa Ngwolo dans un bouleversant témoignage.

Malien d’origine, arrivé en France enfant à l’âge de 23 ans, M’bassa a dû mener un dur combat pour son identité profonde. Né homme, noir et musulman, c’est un long processus médical et psychologique qui lui a enfin permis de devenir ce que la nature lui a refusé, mais qu’il a toujours ressenti comme une évidence.

« C’est en regardant Winnie l’Ourson que j ‘ai su que j’étais un cochon » témoigne M’bassa, qui désormais demande qu’on l’appelle Simone. « Ce n’est pas le changement de sexe qui a été le plus dur, ni les implants génétiques qui m’ont permis d’avoir un groin. C’est quand j’ai annoncé à ma famille que je voulais devenir un porc femelle. On ne plaisante avec ces choses là au Mali. Enfin, je veux dire à Montreuil. Surtout avec un père imam. Maintenant que je suis devenue une cochonne, je vais peut-être porter le voile pour atténuer le choc. Mais avec les oreilles qui dépassent, ce n’est pas pratique.»

La mairie de Montreuil a rejeté tout compromis avec M’bassa-Simone. Elle lui a même refusé une allocation logement sous les prétextes les plus fallacieux. Quant à l’employeur de Simone, il refuse de la ré-embaucher car  » on n’a jamais vu un cochon livrer des pizzas à mobylette » dit-il.

Devant une telle discrimination, nous avons bien sûr saisi la HALDE. Il est temps que ce racisme trans-porc cesse et soit condamné avec la plus extrême sévérité.

———————————————

A l’invitation de l’Education Nationale, en particulier du syndicat Snuipp, Simone intervient régulièrement dans les écoles pour parler de la transgenralité. Au collège Jackson Five de Mantes-la-Jolie, elle a incité les élèves à se rapprocher de leur identité profonde et à lutter contre les stéréotypes hominisants. « Simone m’a beaucoup touchée » déclare Evelyne Lefèvre, professeur d’antiracisme, la matière principale. « Depuis son  passage dans notre établissement, je mange moins de jambon ».

Grâce au travail de prévention contre la suprématie génético-idéologique, Benoit Mangin, 12 ans, élève de 5e, a pris conscience de sa véritable identité de vache normande. Une laiterie de la région a accepté de le prendre en stage et un traitement hormonal a commencé à la satisfaction de tous. « Je suis heureuse que Marguerite [ndlr : le nouveau nom de Benoit] ait enfin trouvé qui elle était » déclarent ses parents. « En plus, maintenant, il y a toujours du lait frais à la maison ».

Pierre Robesse – L’Humanité LibérationnéeDécembre 2009

Pour tout renseignement, contacter Trans-genre au 06 66 66 66 66. L’association reconnue d’utilité publique, est membre de RESF et lutte en particulier pour la régularisation des transexuels clandestins et pour une véritable représentation de la transgenralité dans les médias et à l’assemblée nationale.

Publié par : Tartine | juin 1, 2008

« J’ai toujours voulu être un castor »

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un castor » témoigne Steven.

« Déjà à 3 ans, je rongeais les chaises et je faisais des barrages dans le salon. » poursuit-il. « Papa m’a beaucoup battu quand j’ai construit une hutte dans la douche à 5 ans. J’ai dû renoncer très tôt à ma véritable identité. Mais aujourd’hui, je peux enfin vivre ma vraie vie de castor. Grâce à un traitement hormonal adapté, mes dents poussent et mon poil devient luisant. A la piscine, le maitre nageur m’a dit que je fais de gros progrès.»

L’état-civil refuse de prendre en compte sa nouvelle identité et le parc des Ecrins ne veut pas entendre parler de son installation près du lac de ses véritables ancêtres. Pour que cesse la discrimination envers les trans-castors, l’association Alter-Genre exige une reconnaissance de la nouvelle identité de Steven et une allocation de castoricité pour lui et son futur compagnon (car Steven est un castor homosexuel).

Publié par : Tartine | avril 20, 2008

« Ma vie d’homme-chêne »

Ancien homme-tronc à la télévision, Patrick Boulot n’était pas heureux. En se promenant un soir dans un parc, il a soudain compris la véritable nature de son moi profond.

« Déjà tout petit, je restais des heures debout, les bras écartés, tenant des bananes dans les mains, témoigne Patrick. Un jour, à Noël, je devais avoir 7 ans, j’ai caché le sapin dans la penderie, et je me suis mis à la place, décoré avec les boules et les guirlandes. Mes parents m’ont cherché pendant 3 jours, affolés, alors que j’étais au beau milieu du salon ! Je vois clair aujourd’hui. Je suis né arbre, et je me sens enfermé dans ce corps qui n’est pas le mien. D’ailleurs, j’ai toujours des pommes de pin dans mes poches»

« Je veux vivre pleinement ma vie d’arbre, et j’ai choisi le chène, à cause des glands. Car je suis un arbre homosexuel. La Mairie de Strasbourg a refusé de m’embaucher comme arbre d’ornement et suis actuellement au RMI en attendant de pouvoir être replanté en forêt. En attendant, je me suis installé un bac de terre dans ma baignoire.»

«Plus tard, je pourrais faire armoire normande, ou fauteuil rustique, je ne sais pas encore. Je cherche un ébéniste pour mon stage. Hélas, pour l’instant, mes CV restent sans réponse. Cette discrimination me pèse.»

Catégories