« J’ai toujours su que j’étais différent » raconte M’bassa Ngwolo dans un bouleversant témoignage.
Malien d’origine, arrivé en France enfant à l’âge de 23 ans, M’bassa a dû mener un dur combat pour son identité profonde. Né homme, noir et musulman, c’est un long processus médical et psychologique qui lui a enfin permis de devenir ce que la nature lui a refusé, mais qu’il a toujours ressenti comme une évidence.
« C’est en regardant Winnie l’Ourson que j ‘ai su que j’étais un cochon » témoigne M’bassa, qui désormais demande qu’on l’appelle Simone. « Ce n’est pas le changement de sexe qui a été le plus dur, ni les implants génétiques qui m’ont permis d’avoir un groin. C’est quand j’ai annoncé à ma famille que je voulais devenir un porc femelle. On ne plaisante avec ces choses là au Mali. Enfin, je veux dire à Montreuil. Surtout avec un père imam. Maintenant que je suis devenue une cochonne, je vais peut-être porter le voile pour atténuer le choc. Mais avec les oreilles qui dépassent, ce n’est pas pratique.»
La mairie de Montreuil a rejeté tout compromis avec M’bassa-Simone. Elle lui a même refusé une allocation logement sous les prétextes les plus fallacieux. Quant à l’employeur de Simone, il refuse de la ré-embaucher car ” on n’a jamais vu un cochon livrer des pizzas à mobylette” dit-il.
Devant une telle discrimination, nous avons bien sûr saisi la HALDE. Il est temps que ce racisme trans-porc cesse et soit condamné avec la plus extrême sévérité.
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A l’invitation de l’Education Nationale, en particulier du syndicat Snuipp, Simone intervient régulièrement dans les écoles pour parler de la transgenralité. Au collège Jackson Five de Mantes-la-Jolie, elle a incité les élèves à se rapprocher de leur identité profonde et à lutter contre les stéréotypes hominisants. “Simone m’a beaucoup touchée” déclare Evelyne Lefèvre, professeur d’antiracisme, la matière principale. “Depuis son passage dans notre établissement, je mange moins de jambon”.
Grâce au travail de prévention contre la suprématie génético-idéologique, Benoit Mangin, 12 ans, élève de 5e, a pris conscience de sa véritable identité de vache normande. Une laiterie de la région a accepté de le prendre en stage et un traitement hormonal a commencé à la satisfaction de tous. “Je suis heureuse que Marguerite [ndlr : le nouveau nom de Benoit] ait enfin trouvé qui elle était” déclarent ses parents. “En plus, maintenant, il y a toujours du lait frais à la maison”.
Pierre Robesse – L’Humanité Libérationnée – Décembre 2009
Pour tout renseignement, contacter Trans-genre au 06 66 66 66 66. L’association reconnue d’utilité publique, est membre de RESF et lutte en particulier pour la régularisation des transexuels clandestins et pour une véritable représentation de la transgenralité dans les médias et à l’assemblée nationale.
« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un castor » témoigne Steven. 


